Renaud sourit à ce cri féminin. Il se pencha, mit un baiser sur le front de sa femme. Puis, avec sa hauteur un peu distante, sa façon de la traiter en enfant:

—«Ayez confiance en moi. Je vous réconcilierai avec madame de Ferneuse, sans qu’il en coûte rien à votre fierté.»

Elle lui saisit la main d’un geste humble, ennobli par la tendresse.

—«Oh! que vous êtes grand et bon, mon Renaud! Mais ne m’épargnez pas trop, cependant. Il s’agit du bonheur de Micheline. Pourvu que ma folie n’ait pas brisé ce bonheur, en blessant irrémédiablement madame de Ferneuse!»

Laurence ajouta plus bas, lentement, d’une voix profonde:

—«Je crois que notre fille aime vraiment Hervé. Et si le cœur de cette enfant-là est pris, c’est pour toujours.»

Une crispation d’inquiétude passa sur les beaux traits du marquis de Valcor. Il se sentit pâlir, et se rejeta un peu en arrière, pour que sa femme n’en vît rien. Cependant il prononça, d’un accent où vibrait la vérité même:

—«Êtes-vous sûre, au moins, Laurence, ou dois-je vous le jurer encore, sur la tête chérie de Micheline, qu’Hervé de Ferneuse n’est pas son frère?

—Taisez-vous!... Ah! l’affreux cauchemar!...» murmura Laurence en frissonnant.