—«Vous ne savez pas,» dit-il à ses petites amies, Louise et Lucie Montier, les jumelles, «il y a des cavernes tout illuminées dans la colline, au fond du parc, et dedans il y a un trésor.
—Qui t'a dit ça?» questionnèrent les fillettes.
—«C'est les fées,» dit le petit homme avec aplomb.
—«Menteur!»
Mais elles grillaient de le croire. Et lui, ravi d'«épater des filles», suivant son langage d'écolier, s'excita dans l'affirmation.
—«Oui, oui... Je les ai vues, dans le fossé, quand je cueillais des mûres. Et si on y retournait, on trouverait le trésor.
—Qu'est-ce que c'est, un trésor?
—Je ne sais pas. Ça brille... C'est beau comme les choses en or qu'il y a sur l'autel, quand monsieur le curé dit la messe.
—Si on demandait à Léon d'y aller avec nous?»
Léon était un apprenti de Montier, garçon de quinze ans, joyeux et dégourdi, dont les farces, les tours d'adresse, faisaient le bonheur des enfants. D'abord il se moqua d'eux et les envoya promener. Mais le mot de «trésor», avec sa puissance magique, hanta la cervelle du jeune paysan. «Le gosse a peut-être entendu conter quelque chose sur les cavernes du bois,» pensa-t-il. «Qui sait si les gens qui ont tué monsieur de Malboise, voici tantôt deux ans, n'y ont pas caché leur aubaine.»