—«Ça, c'est la guerre,» dit l'officier, en haussant les épaules. «Et alors, cette betite, elle aime son mari?...» ajouta-t-il en voulant lui prendre le menton.

Elle eut un haut-le-corps en arrière.

—«Oui, je l'aime, mon mari,» déclara-t-elle avec force.

—«Bah!... il s'amuse avec les filles des villages où il passe.

—Tant mieux!» s'écria-t-elle dans une espèce de rire sanglotant, «car ça prouverait qu'il n'est pas mort.»

L'officier allemand la considéra d'un air moins brutal. Soit qu'en lui un peu de pitié se fût émue, soit que l'attitude de cette femme, sa défensive résolue, sa tristesse, eussent tempéré momentanément l'effervescence passionnée qui l'avait amené là.

—«Allons,» fit-il d'un ton bon enfant, «si vous êtes chentille, on s'en occupera, de votre mari. On pourrait peut-être vous en faire avoir des nouvelles.»

Louise joignit les mains.

—«Oh! monsieur l'officier... Vous voudriez bien?» demanda-t-elle.