—«Je suis plus vieille que toi, Louise.
—De deux ans... La belle affaire!... Laissez donc, madame la marquise, vous vivrez assez longtemps pour que tout s'arrange et pour qu'un jour peut-être vous puissiez adopter Michel.
—Hélas!... comment l'espérer tant que mon mari vivra?
—Il lui arrivera bien quelque chose de fâcheux, avec sa politique et ses duels.
—Tais-toi!...»
Elles achevèrent leur tâche en silence.
Un trou profond fut creusé, le coffret enfoui, la terre tassée par-dessus. Pour effacer toutes traces de leur travail, les deux femmes eurent soin de ramener en abondance la poussière blanchâtre de grès qui recouvrait aux alentours le sol du souterrain. Quand ce fut terminé, elles-mêmes n'eussent pas été capables de reconnaître l'endroit de la cachette, si ce n'est par la saillie de pierre en forme de tête de bélier qui le surplombait. Pour ne pas confondre plus tard cette pierre avec d'autres, elles pratiquèrent encore certains repérages. D'ailleurs elles se promirent de se rendre ici de temps à autre, exprès pour assurer leur mémoire, et pour ne pas laisser le temps y établir la moindre confusion.