Elle secoue la tête, — cette tête dont la fierté grave se disperse en mutinerie amoureuse, et qui, les cheveux défaits, paraît si jeune dans le désordre des dentelles.
— « Qu'est-ce que je suis?
— Ma passion… mon bien… mon tout.
— Non… Non… Dis vite. »
Alors il prononce le mot qu'elle attend, — ce mot que le respect de l'homme n'eût pas avoué d'abord à lui-même, mais que Marcienne a transfiguré, dont elle a fait un suprême symbole d'étreinte, de communion sensuelle, de périlleuse et divine folie.
— « Tu es ma maîtresse.
— Oui… Je suis ta maîtresse… TA MAÎTRESSE!… »
Elle serre les dents, pâle de la signification ardente. Les étoiles de ses yeux scintillent et sombrent entre le voile des cils. Elle fait répéter à Philippe, elle répète elle-même les syllabes dont la hardiesse d'aveu, dont même la sonorité nerveuse et crissante la grisent. Puis elle ajoute, la voix mollie en un roucoulement de rêve :
— « Tu es mon amant… mon amant!… »
Pour le lui redire, le jeune homme se met à genoux, délirant d'adoration :