—«Mademoiselle ne compte pas veiller jusqu’au retour de monsieur le marquis?» demanda l’ancien serviteur avec une familiarité respectueuse, permise à lui seul.

—«Je ne sais... Cela se peut. J’ai quelque chose d’urgent à lui communiquer.

—Oh! mademoiselle...» dit le vieil homme. «Que Mademoiselle m’excuse... si j’ose faire une réflexion... Mais cela pourrait contrarier... gêner Monsieur. Que Mademoiselle réfléchisse.

—Assez, Firmin. Je ne vous demande pas votre avis. Bonsoir!» dit sèchement Micheline, froissée, sans toutefois comprendre la pensée du valet.

Un instant après, elle congédiait également sa femme de chambre.

Tout s’endormit.

Micheline, en s’approchant d’une croisée, vit qu’il neigeait. La nuit de la cour s’éclairait d’un reflet pâle. Elle distingua les flocons qui dansaient dans un rayon, venu du vestibule, où l’électricité veillait avec elle, pour le retour du maître.

Renaud de Valcor rentra entre deux et trois heures du matin. Micheline entendit sa voix, dans le profond silence ouaté de neige, tandis qu’il criait au concierge:

—«C’est moi, Hilaire, ne bougez pas.»

Elle sortit sur le palier, comme il gravissait la dernière marche de l’étage.