—Je veux bien dire «monsieur le marquis», mais pas en vous parlant, à vous.
—Pourquoi?
—N’exigez pas que je vous réponde.
—Et si je l’exigeais.»
Bertrande se tut.
—«Que cela suffise!» reprit Mlle de Valcor. «Je ne vous reconnais pas le droit d’intervenir dans notre existence, même pour nous rendre ce que vous appelez des services. Je ne vous ai pas cherchée. Ne me cherchez plus. Brisons là.»
Elle s’éloigna. Une exaspération qu’elle allait ne plus pouvoir dominer montait en elle.
«Encore du mystère, encore de l’ironie, et chez cette créature de rien... En voilà trop!»
Son caractère, sans être emporté, était impérieux et prompt. Si elle prolongeait l’entrevue, elle ne pourrait plus tenir l’engagement pris auprès de son père. Elle traiterait rudement celle qui osait, avilie par un misérable, et infectant la calomnie, lui faire des avances fallacieuses. La maîtresse de Villingen! Et tombée plus bas encore, sans doute, avec cette chétive figure de misère! Quelle audace!
Derrière la silhouette hautaine qui s’en allait dans un glissement d’étoffes noires, Bertrande restait immobile, mais non pas calme. Une effervescence brûlante, un tumulte de sentiments et de pensées, animait sa pâleur, étincelait dans ses yeux, lui rendait cet éclat qui jadis rivalisait avec celui de la superbe fille des Valcor.