—«Nulle prière n’est vaine,» observa le moine.

L’admirable tête se releva, comme une fleur sous une rosée d’espérance.

—«Je le crois, ce soir, puisqu’une intervention divine vous a placé sur ma route.»

D’un mouvement simultané, tous deux gagnèrent des sièges proches, et s’assirent. Ni l’un ni l’autre ne songea seulement à remettre au lendemain la confidence. Et pourtant, elle serait longue, d’après ce qu’avait annoncé la comtesse. Mais quel moment, quel endroit, plus favorables que cette heure nocturne, solennelle, que cette dunette élevée au-dessus des eaux immenses, dans une solitude qui allait devenir complète, lorsque le dernier flâneur attardé serait descendu dans sa cabine?

La comtesse Gaétane de Ferneuse prononça d’une voix basse et pénétrée les paroles de pénitence, puis se recueillit un instant.


II

LA CONFESSION