—«Nous ne pouvons cependant pas,» continua Hervé plus lentement, «dénoncer ce misérable. La délation n’est pas notre fait.

—J’irai le trouver,» dit la comtesse.

—«Vous, ma mère!

—Moi.

—Je ne le permettrai pas!»

Elle le regarda avec un peu d’ironie indulgente et hautaine.

—«Je ne suis que votre enfant,» s’écria-t-il avec une vivacité charmante. «Et un enfant que vous avez peut-être élevé avec votre tendresse plus qu’avec votre énergie. Cependant je sais agir en homme, je vous en ai donné la preuve. Vous m’écouterez, vous m’obéirez, mère. Ne suis-je pas le chef de la famille?... Vous n’irez pas à Valcor. Vous n’exposerez pas votre dignité... votre vie, peut-être... Cet homme est capable de tout.»

Hervé lutta un moment, bouleversé par le projet de sa mère. Dans son appréhension, il lui résistait pour la première fois. Mais, des deux volontés, la sienne n’était pas la plus forte. Ne pouvant vaincre celle qui lui résistait par le silence, il se laissa tomber sur un banc, cacha son visage dans ses mains, et pleura, comme l’enfant que, tout à l’heure, il disait être:

—«Ah! nous sommes bien malheureux!» gémit-il.