Le religieux dit:
—«Je l’ai compris.
—Croyez-vous,» fit-elle, «qu’il existe une destinée semblable à la mienne? Un damné, dans l’enfer, souffre, mais il connaît la cause et la réalité de sa torture.
—Ma fille, vous blasphémez. La cause de votre torture et sa réalité, voulez-vous que je vous les dise?
—Non, non!» gémit-elle en levant des mains suppliantes.
Impitoyable, il poursuivit:
—«Un désir coupable vous consume. L’amour n’est point mort en vous. Peut-être, dans les années où vous constatiez le dédain de l’infidèle, puis dans celles où vous avez préféré l’imaginer anéanti, disparu, plutôt qu’oublieux, la fierté d’abord, la haine de celui que vous supposiez son meurtrier ensuite, vous ont armée contre le vertige. Mais quand le marquis de Valcor est retombé à vos pieds avec des prières brûlantes, la passion ancienne a repris son empire, et alors vos doutes ont faibli. Vous avez souhaité de croire en l’homme pour retrouver l’amant.»
Mme de Ferneuse cacha son visage dans ses mains.
—«Faites pénitence, ma fille,» dit le moine.