A la fin, Bertrand se redressa, souleva le frêle vieux corps abattu d’émotion contre lui. Il aida sa mère à s’asseoir, et, debout devant elle:
—«Dites-moi que vous m’absolvez de tous mes crimes,» demanda-t-il, d’une voix brisée, suppliante.
—«Je t’en absous.»
Il eut un cri, presque de joie:
—«Avec le pardon de ma mère, je puis paraître devant Dieu.
—Ah!» gémit Mathurine, «je dois laisser mon fils aller à la mort, et je ne puis pas lui commander de vivre!
—Vous avez deviné que c’est impossible. J’accepte votre justice, ma mère, et celle du Ciel. Je ne me soumettrai pas à celle des hommes. Je ne m’enfuirai pas non plus, comme un lâche, dans quelque retraite de honte, après avoir soutenu la plus merveilleuse destinée.»
Elle murmura:
—«Je n’aurai pas le temps de te pleurer. J’ai plus de soixante-dix ans d’âge, et des siècles de douleurs sur ma tête.