—Oh!

—Mais il ne pensa pas à d’autres signes que la nature a mis là... Il ne pensa pas que jamais quelqu’un constaterait certains grains de beauté,—ah!... grains de fatalité, de justice,—et que quelqu’un d’autre en aurait gardé le souvenir. Ta grand’mère Mathurine, interrogée à l’improviste par Escaldas, avoua que son fils Bertrand portait, juste au-dessus de son tatouage, trois signes bruns en triangle. Ces trois signes, ils existent, au-dessus de l’équivoque cicatrice, sur le bras du marquis de Valcor.

—Ma grand’mère!...» soupira Bertrande.

L’image austère, mélancolique, de l’aïeule, se leva en elle. Ah! pauvre vieille, si ferme en son orgueil familial, l’âme raidie dans l’idée du devoir, malgré les pires détresses, comme elle devait souffrir! Sa faute, à elle, Bertrande, si atroce pour cette fin d’existence désolée, n’en serait donc pas le dernier tourment?

—«Veux-tu d’autres preuves?» poursuivait Gilbert. «Veux-tu que je t’apprenne ceci: que cet homme, au cours de la scène furieuse qu’il est venu me faire, et dont résulta notre duel, m’a offert telle dot que j’exigerais pour t’épouser.

—Est-ce possible?...

—Non, ce ne serait pas possible, qu’un marquis de Valcor offrît de doter une petite ouvrière en dentelles, issue d’une famille de marins qu’il protège vaguement. Non, ce ne serait pas possible, si cet homme ne tenait pas à toi par les liens que tu sais, s’il n’avait pas senti se tordre ses entrailles devant la déchéance de sa fille.»

Bertrande cacha son visage dans ses mains.

—«Je te remercie, ma pauvre enfant, de ne pas demander pourquoi j’ai refusé. Si je pouvais faire de toi une princesse de Villingen, je n’attendrais pas qu’on me payât pour y consentir.»

De nouveau, un silence tomba.