Je tends vers vous les mains vainement, pâles ombres...
Les songes de mes nuits plus que vous sont réels.
Vous n'êtes, pour mes yeux que vous trompez sans trêve,
Pour mon âme impuissante à vous jamais saisir,
Que le fuyant reflet d'un impossible rêve
Et que l'âpre aiguillon d'un éternel désir.
Devant le flot mouvant des heures et des choses,
Près du fleuve infini que sondent nos regards
Et qui roule la vie en ses métamorphoses,
Tantales altérés, nous nous penchons hagards.