A Octave
(Toutes les pièces de vers réunies sous cette dédicace, formaient le contenu de l’enveloppe scellée que me remit Octave, lorsque je le vis pour la dernière fois. Je n’en ai pas supprimé une seule, et je n’ai rien changé, ni aux vers eux-mêmes, ni à leurs titres, ni à l’ordre de leurs dates, qui est celui dans lequel je les publie aujourd’hui.)
D. L.
A Octave
Ami, vous si profond, vous, dont l’oreille écoute
Les solennelles voix de l’immense univers,
Vous m’avez demandé, pour vous railler sans doute,
De vous parler en vers.
Vous connaissez pourtant les paroles de femme,
Léger souffle effleurant votre lèvre tout bas;
Votre cœur s’y enivre un instant, mais votre âme
Les juge, et n’y croit pas.
Vous aimez le doux rythme et la lente harmonie;
Vous trouverez peut-être un plaisir tout nouveau
A voir ainsi monter la tendresse infinie
Du cœur jusqu’au cerveau.
Tous ces balbutiements de bouches frémissantes,
Tous ces aveux d’amour que vous avez comptés,
Ils vous lasseront moins lorsqu’en rimes puissantes
Ils seront racontés.