Elles apparaissaient pour vous sous les symboles,
Parmi les dieux pensifs qui chargent les piliers,
Des assises du temple aux arceaux des coupoles
Surgissant par milliers.
Et vous les écoutiez, dans cette nuit sublime,
Où la lune, versant sa limpide clarté,
Éclairait pour vous seul, comme au fond d’un abîme,
Une morte cité.[3]
Je revois avec vous ces scènes inouïes,
Les monstrueux chevaux le long des murs dressés,
Les merveilles de l’art partout épanouies
En rêves insensés.
Parlez... Il est meilleur d’aimer que de connaître;
Ces deux bonheurs pour moi sont en vous réunis:
L’univers ne m’est rien s’il n’enferme en votre être
Ses secrets infinis.
[2] Le Karma est un principe immatériel qui, pour les Bouddhistes, répond à l’idée de l’âme. Il ne conserve pas au delà de la tombe la personnalité de l’être humain; il en est la quintessence, ce qu’on pourrait appeler la résultante morale. Mais l’auteur de ces vers a pris le mot dans un sens plus précis, enveloppant sous ce terme la série impérissable d’effets dont toute existence devient le point de départ, et qui varie suivant chaque action, chaque parole, et même chaque pensée de cette existence. Voilà en effet ce que nous laissons après nous d’immortel, ce qui attache au moindre de nos actes une telle importance et au rôle de l’homme une telle grandeur.
D. L.
[3] Vijayanagar, ancienne capitale du sud de l’Inde, dont les monuments sont encore debout, mais qui reste absolument abandonnée et dépeuplée. Voir la lettre d’Octave, [page 107].
Silentium
Nunquam aliud natura, aliud sapientia dicit.