Mais du moins entendez aujourd’hui mon serment:
Lorsque je marcherai pas à pas, lentement,
Près de lui sous vos voûtes fraîches;
Soit que le gai printemps fasse éclore les nids,
Soit que le vent d’hiver, sur les chemins brunis,
Roule à nos pieds vos feuilles sèches;

Craignant l’âpre regret et l’amer souvenir,
Je ne laisserai point à ma lèvre venir
Des mots moins doux que ma pensée.
De mes torts d’un instant, bien que légers et courts,
Humble, je veux distraire et consoler toujours
Sa chère âme que j’ai blessée.

Et, s’il veut éprouver son pouvoir absolu
—Ce pouvoir sous lequel l’amour a résolu
De plier ma fière nature,—
Docile, il me verra suivre ses volontés,
S’il vous invoque, et s’il m’entraîne à ses côtés
Dans vos abîmes de verdure.

Paroles d’Amour

Quoi vous connaissez votre empire,
Et vous pouvez être jaloux!
Ami, ma lèvre ne respire
Que pour vous.

Quoi! vous éprouvez ma tendresse,
Et vous redoutez l’avenir!
Vous croyez donc que notre ivresse
Peut finir?

Savez-vous que mon cœur frissonne
Quand votre front est soucieux?
Mon bonheur s’efface ou rayonne
Dans vos yeux.

Un mot de vous change mon âme:
Aussi longtemps qu’il vous plaira,
Votre souffle de cette flamme
Se jouera.