Quand je suis emporté par leurs torrents joyeux,

Je fais parfois ce rêve, au rythme de leurs houles,

Ce rêve sans raison, ce rêve merveilleux :

Il me semble revoir parmi de beaux visages,

Les visages de ceux que la mort a glacés ;

La foule étant aveugle au soir des grands orages,

Parmi ces chants joyeux passent des trépassés.

Et j’imagine alors que quittant leurs ténèbres,

Tous les jeunes soldats qui n’avaient pas vingt ans

Quand la mort les coucha dans les plaines funèbres,