Trente minutes plus tard, je débarque à l’aéroport. Comme je m’approche des guichets, un grand zig à l’air pas du tout avenant me frappe sur l’épaule.
Il me semble le reconnaître, ce vilain oiseau. C’est un des pieds nickelés de Maresco.
Il est grand, large, avec le menton proéminent et un chapeau qui pourrait servir de parasol à un patronage en vacances. Il me tend un billet d’avion. Puis, il me fait signe de le suivre sur l’aire de départ. Mon avion est là, étincelant au soleil matinal. Il fait un temps magnifique, le ciel est pur, uni, bien bleu. Les voyageurs escaladent l’escalier roulant. Les employés en combinaison blanche à liséré bleu s’occupent des bagages.
Le costaud me salue d’une façon on ne peut plus désinvolte. Mais, au lieu de partir, il se contente de faire un pas en arrière et d’attendre.
Décidément, Maresco est un homme organisé. Il ne laisse rien au hasard. Il veut être bien certain que j’ai vidé les lieux.
Je remplis mes poumons de l’air pollué de Chicago. Lentement, j’escalade le praticable. Une gracieuse hôtesse me prend en charge et me conduit à un fauteuil, en queue de l’avion.
Cinq minutes plus tard, les moteurs se mettent à gronder. Nous décollons.