On finit par mettre au point un petit langage à nous qui nous suffit à exprimer des idées cohérentes sinon philosophiques.
Je lui demande si elle connaissait les souris qui ont été butées et elle me répond que non. Elle n’a pas la moindre idée de ce que peut être le soi-disant Français assassin.
Tout en discutant le bout de gras, je lui flatte les hanches et la conversation finit par laisser place aux gestes. Elle a un beau coup de reins, la gamine ! On s’en offre une drôle de tranche, je vous le promets. Jamais les rapports franco-américains n’ont été aussi serrés !
Quand on a terminé la partie de zizi-panpan, on recommence à jacter. C’est une grande loi humaine : un sens intervient toujours après un autre.
Elle me dit que son turbin est épuisant. La danse fatigue. Les veilles aussi. Bref, elle rêve d’être marida à un mec convenable qui lui achèterait un gentil cottage dans la banlieue et lui ferait une paire de lardons. C’est le rêve de toutes les gerces qui ne mènent pas une vie très réglo.
Je m’informe de ses gains. Elle touche une ristourne sur les tickets empochés et une autre sur les consommations. Dans les bonnes soirées, elle se fait un peu de fric, mais il faut en suer ! Probable qu’elles arrondissent leur budget en faisant une petite passe, de temps à autre !
Elles ne peuvent jamais refuser la clientèle ; c’est interdit par la direction.
— A qui appartiennent ces maisons, fillette ?
— A un consortium. Chacune a un gérant qui dépend de la société principale.
— Et qui dirige la société ?