Je me penche et j’aperçois en effet plusieurs péniches dont l’une est peinte de la couleur qu’il dit.

— Il n’y a personne à bord, déclare mon compagnon. Elle est déserte, mais je suis certain que l’examen de ce petit bâtiment serait extrêmement instructif pour un homme comme vous…

Il ouvre la portière de son côté… Il descend, soulève son chapeau et, comme un taxi passe à proximité, lui fait signe…

Je le regarde grimper à l’intérieur… Je n’ai pas le temps de faire un geste. Tout cela s’est passé très vite et d’une façon… comment dirais-je ? logique ! Je n’ai pas eu le désir d’intervenir… Je me contente de noter mentalement le numéro du taxi…

Je me décide à quitter mon tréteau… Une espèce de douce torpeur m’envahit. Je suis dans l’état d’un amoureux qui voit sa poule faire le poireau à l’endroit convenu pour leur rendez-vous et qui retarde le moment de la serrer contre lui…

Cette péniche a un mystère.

Même si c’est une honnête péniche. Elle aura servi de prétexte à un homme pour m’attirer à un point de Paris très défini.

Je la regarde. Effectivement, aucun signe de vie ne se manifeste à bord. Elle repose sur l’eau grise comme un grand corps de bois. Une mince passerelle la relie à la berge…

La petite porte ripolinée du rouf est fermée. La courte cheminée ne fume pas…

C’est une citerne. Son nom est écrit en caractère fantaisie à l’arrière : Hercule.