Il ne goûte pas la plaisanterie.

— Asseyez-vous ! ordonne-t-il sèchement.

Je m’assieds sur un tabouret.

Le gros costaud va s’asseoir sur la dernière marche de l’escalier et se met à jouer avec un revolver un peu moins gros que le canon atomique des U.S.A.

Mon meneur de jeu, lui, ne s’assied pas. Il s’adosse à la cloison vernissée et sort une cigarette à bout doré d’un étui de cuir.

Il l’allume posément. Pourtant, ne vous y trompez pas : ça n’est pas d’une mise en scène qu’il s’agit… Cet homme ne cherche pas du tout à m’épater. Il est préoccupé, simplement.

Pour meubler le silence qui a tendance à s’établir, je lui dis :

— Mes compliments pour la façon dont vous m’avez kidnappé… Vous avez agi avec un naturel ! J’avoue que j’ai eu confiance.

Il me regarde gravement.

— A votre âge, vous devez savoir qu’il ne faut avoir confiance en personne, monsieur le commissaire. En personne !