Des parois dures me meurtrissent le corps de tous les côtés… Je réalise vaguement ce qui se passe : cette essence d’ordure me plonge dans l’une des citernes de la péniche.

Soudain il me lâche ; je fais une chute que je trouve interminable. Puis mes pauvres nougats entrent en contact avec le sol de fer. Cela fait baoum ! Il me semble que je viens de percuter un gigantesque tambour.

A ma douleur respiratoire s’en ajoute une autre, à la cheville.

Je m’assieds dans le monstrueux récipient.

Je lève la tête et je découvre un disque de nuit. La silhouette d’un visage s’insinue dans le disque ; celle de l’homme aux cheveux gris.

Il me parle. Sa voix résonne étrangement dans le réservoir. Le vide métallique lui donne des inflexions amples et sonores.

— San-Antonio, vous m’écoutez ?

— Plus ou moins, je réponds.

— La mémoire vous est-elle revenue ?

— Si c’est de ce satané disque que vous parlez, je doute qu’elle me revienne jamais…