— Dommage pour vous décidément, vous savez ce que nous allons faire ?
Je ne puis répondre. En reprenant mon souffle je m’aperçois que le coin où je me trouve emboucanne l’essence… L’âcre odeur me suffoque. Je tousse comme un perdu.
La voix de mon tourmenteur reprend :
— Nous tenons à détruire cette péniche. Elle est divisée en trois citernes. Vous êtes dans celle de l’avant, celle du milieu est remplie d’essence. Nous allons ouvrir le canal de communication de manière que le contenu de la seconde citerne passe dans la vôtre.
— Charmant…
— Vous ne plaisanterez plus dans un instant…
— Vous croyez ?
— J’en suis persuadé, monsieur le commissaire… Lorsque ce transvasement sera terminé, il est probable que vous serez noyé… dans l’essence, ça doit être particulièrement désagréable. Si par hasard vous ne l’étiez pas, vous profiteriez de l’incendie que nous allumerons à bord… Beau feu d’artifice, mon bon commissaire… Belle fin pour un policier.
Il ricane…
— Réfléchissez… De temps à autre je viendrai voir si vous êtes revenu à de meilleurs sentiments… Bonsoir…