Je regarde autour de moi. Le paysage est morne, silencieux…
Ils ont choisi un coin peinard pour amarrer le sabot ; alentour ce sont des terrains vagues où s’élèvent d’énormes monticules de mâchefer… Sur la berge d’en face il y a une immense usine… Je peux toujours gueuler… J’ai le bonjour…
Crâne-pelé essaie de me remettre debout, mais je me laisse panteler dans ses bras…
Je halète :
— Attendez, attendez, j’étouffe, laissez-moi respirer un peu…
— Attends un instant, conseille le type aux cheveux gris.
Banski me dépose contre le montant de la citerne, les jambes pendantes.
Il se tient devant moi, le dos tourné à la flotte et il me considère sans aménité.
Je me dis alors que jamais je ne retrouverai une occasion pareille de tenter un coup à ma façon !
Avec le maximum de promptitude je replie mes jambes et je les détends de toutes mes forces.