Il prend mes deux tatanes dans les précieuses et il a beau être plus solide que la tour Eiffel, ça lui fait de l’effet, moi je vous le dis.

Il pousse un barrissement qui flanquerait la pagaïe dans un troupeau d’éléphants. Il se plie en deux et râle d’une façon continue :

— A â â â â…

Quelle douce musique pour mes oreilles !

Mais je n’ai pas le temps d’écouter tout son récital.

Je saute sur mes pieds et je lui mets dans le poitrail le plus magistral coup de tête qu’un gars ait jamais refilé à un autre.

Il bascule, bat des bras, ne peut se retenir et part à la flotte.

Ça fait plouf !

Je me tourne alors vers l’homme aux cheveux gris à l’instant précis où quelque chose de froid effleure mon cou. Ce quelque chose, c’est la lame d’un poignard et ma carotide lui aurait servi de gaine si je n’avais eu cette volte-face imprévisible.

D’un revers de bras j’achève d’écarter la lame de ma précieuse personne. C’est fou ce que je sens mon mal s’évanouir brusquement comme de la rosée au soleil.