— Qu’est-ce que vous croyez que c’est, monsieur le commissaire ?
— Je ne sais pas. Et c’est pour ça du reste que ce mec m’intéresse. Tu vas retourner auprès des amis et m’excuser. Puis tu téléphoneras au grand patron et tu lui expliqueras ce qui se passe. Je tâcherai de le contacter, mais je ne veux pas lâcher ce type, je flaire un coup louche…
— Bien, monsieur le commissaire.
Il me quitte et je continue ma filature.
La drôle de dame se retourne fréquemment pour voir si elle n’est pas suivie. Elle ne peut pas me découvrir pour la bonne raison qu’elle ne regarde que derrière elle, alors que moi, je marche à sa hauteur sur le trottoir d’en face… Pour la filature, faites confiance au bonhomme, j’en connais un brin. Je serais capable de suivre un type dans le désert de Gobi sans qu’il s’en aperçoive.
Mon Frégoli hâte le pas… Nous descendons la Butte à assez bonne allure, et nous débouchons sur le boulevard Rochechouart. Ma tâche va être à la fois plus compliquée et plus facile à cause de l’animation.
La chère dame se dirige vers une station de taxis. Elle grimpe dans le premier. Moi, je saute dans un qui se trouve en queue de la file.
— Police, je dis au chauffeur, vous allez suivre votre collègue du bout, celui qui décarre…
— Entendu, patron.
Le premier taxi fait un tour presque complet et reprend le boulevard Rochechouart en sens inverse en direction de Barbès.