Rien, sinon des photographies dans des cadres. Je les embarque toutes dans mes vagues en me promettant de les confier aux mecs de l’identité. Il faudra que j’envoie quelqu’un pour relever les empreintes sur le téléphone… On ne sait jamais. Des fois que ça donnerait quelque chose.

Ce que je ne pige pas, mais pas du tout, c’est pourquoi, cette nuit, une souris a forcé la porte de cet appartement à seule fin de téléphoner en Suisse.

Pourquoi « à seule fin » ? C’est moi qui le dis… Peut-être la femme qui déclencha le suicide de mon mystérieux voyageur avait-elle d’autres raisons pour se trouver dans cette maison au milieu de la nuit.

Pourquoi pénétrer clandestinement dans ce petit appartement ? Que pouvait-elle y chercher ? Quels sont les liens plus ou moins ténus unissant cette défunte Mme Fouex au suicidé de Genève qui se déguisait en femme, s’emparait de son identité et allait se suicider dans un palace de Genève, et à la mystérieuse femme apprenant en pleine nuit à Georges « qu’il était trop tard » ? Trop tard, pourquoi ?

Auparavant, elle lui avait demandé s’il avait réussi. Réussi à quoi ? A voler le disque de nickel ou à passer à l’étranger ?

Réussi à tromper la vigilance de certaines gens, ce qui expliquait le déguisement ?

Je me caresse le chapiteau car je sens que mon cervelet distille du point d’exclamation. Il fait de vaches zigzags, comme un sismographe pendant l’éruption de Pompéi… En admettant évidemment que les Ritals aient eu cet appareil à ce moment-là.

Jusqu’ici, j’ai deux morts, une voix de femme et un disque de métal…

Pas fauché, le mec !

CHAPITRE VI