A priori, ce qui se dégage de tout ça, c’est qu’elle ne supposait pas un instant que le mec nourrissait de sales intentions à son endroit et que le gars les nourrissait pourtant, car il aurait fait le nécessaire pour éviter cette boucherie.

En me voyant, la fille s’est détournée et a dit :

— Venez, c’est bien lui !

En somme, là se bornait son rôle. L’agresseur n’avait besoin d’elle que pour m’identifier… Cette chose réglée, il ne demandait qu’à la liquider.

Bon, voici un nouveau personnage qui vient s’ajouter à ma galerie de loufiats.

Le mitrailleur solitaire !

Merde ! Si un journaleux m’entendait, il titrerait ça sur quatre colonnes… A la une, bien entendu !

Pourquoi qu’il a tant envie de me scraper, le mitrailleur ? Qu’est-ce que j’y ai fait, à cette enflure ? Je n’ai pas souvenance de lui avoir vendu des petits pois qui ne voulaient pas cuire… Peut-être simplement qu’il a horreur des poulagas !

Bien entendu, au bout de cinq minutes, ma rue si paisible ressemble aux grands boulevards un jour où les anciens combattants la ramènent au sujet de l’ajustement de leurs pensions. Les voisins biglent le corps et me biglent moi, le tout avec l’air de se dire que si le flic du coin se met à faire des heures supplémentaires à domicile, la vie va devenir marrante.

Voilà enfin Félicie qui radine. Elle a posé son flingue et réintégré toute sa dignité.