— J’ai trouvé à la morgue d’Orléans le type qu’il me faut. Seulement, avant d’en prendre livraison, je tiens à m’assurer que ce macchabée est disponible, c’est-à-dire que personne ne viendra me le réclamer. Tu vas me fournir quelques détails sur l’identité et la vie de ce mec-là…
Je lui dis de quel zouave il s’agit et il met le cap en direction de la cabine téléphonique.
— Voilà, fait-il lorsqu’il est de retour, j’ai mis sur l’histoire un de mes petits gars. D’ici une demi-heure, tu auras tous les détails ; en attendant, si en se tapait un morceau de fromage de tête ? Ils le réussissent que c’en est une bénédiction dans cette tôle…
— Tu creuses ta tombe avec tes dents, je dis, lugubre.
Il hausse les épaules…
— Possible, admet-il, mais étant donné le volume du bonhomme, j’en ai pour un moment, non ?
On vient de pousser la boustifaille dans notre magasin général à grands renforts de petit Anjou lorsqu’un zig maigre comme le trésor français s’insinue dans l’estanco.
Il s’approche de notre table et salue.
— C’est Dubois, me dit mon collègue, comme si je n’avais vécu jusqu’à ce jour que pour faire la connaissance de Dubois.
Ribot dit à son subordonné :