Comme tous les autres, elle me demande la raison pour laquelle je lui demande ce renseignement. Force m’est de lui expliquer que nous savons que l’individu en question a des attaches à Cannes et que son nom commence par BLA…
— C’est un assassin ? demande-t-elle.
— Je n’en sais rien, madame… Excusez pour le dérangement…
Je raye son nom de ma courte liste d’adresses. Fichu boulot ! C’est une besogne d’inspecteur de commissariat que j’accomplis là !
Il ne m’en reste que deux.
Les Blavet sont déjà à table lorsque je m’annonce. Ils crèchent dans un appartement modeste, tout au fond d’un immeuble pauvre empestant l’huile d’olive chaude.
Ils sont gros et sales, il y a une tinée de lardons dans la pièce. Ma photo ne leur produit aucun effet et ma qualité de flic paraît les contrarier plutôt qu’autre chose.
Je me hâte de faire la valoche, la gorge rétrécie par l’angoisse. Il ne reste qu’un BLA à visiter. S’il est négatif, j’aurai fait le voyage sur la côte pour peau de balle…
Mon palpitant est bloqué à fond lorsque je parviens devant un immeuble confortable avec ascenseur et vue sur la mer.
Je lis les noms fixés sur les boîtes aux lettres. Sur l’un je renouche puissamment. Monique Blavette ! Le blaze est gravé en belle ronde dans du cuivre. Une femme !