Une femme toute seularde !
Je consulte le tableau des locataires et je constate que la souris pioge un studio, tout en haut, construit sur le toit en terrasse.
Je pénètre dans l’ascenseur et j’appuie sur le dernier bouton. Comme résultat, ça m’amène au septième. A partir de là, un escalier de pierre, très bref, conduit à la terrasse.
La crèche de la môme Blavette a été construite en additif sur le toit. C’est tout simplement ravissant. Imaginez une petite baraque du genre bungalow, avec une pergola croulante de fleurs… Un parasol à bandes orange et vert… Des meubles de jardin en paille tressée… Cette souris est, ou bien la fille du roi du fromage mou, ou bien la poule du roi du tire-bouchon à musique ! Pour se payer une fantaisie comme celle-là, faut avoir des pépites dans le frigidaire…
Je m’annonce vers la lourde en bois vernis, elle fait lourde de péniche.
Comme j’avance mon index sur le bouton de sonnette, je sursaute. Une flopée de petits trous constellent la lourde à mi-hauteur. Ces trous, pas besoin de me faire un dessin, je sais que ce ne sont pas les vers à bois qui ont pratiqué ces petits trous ronds. Si ça n’est pas une rafale de composteur, une rafale de Thomson, s’entend, c’est le râtelier de votre grand-mère…
Et c’est du neuf ! Les écailles de bois sont encore brillantes et tachées de poudre.
Je sonne.
Rien ne répond. Le silence est le maître de cet appartement aérien. Par acquit de conscience je sonne à nouveau.
Comme la patience n’a jamais été mon fort, je fais appel à mon petit sésame. C’est un gentil outil qu’un cheval de retour m’a refilé, un jour où je lui avais évité des ennuis, et qui a la propriété miraculeuse de s’entendre avec toutes les serrures. Il ne me faut pas cent six ans pour venir à bout de celle-ci. Seulement, bien que le pêne ait joué, la porte ne s’ouvre pas. Y aurait-il un verrou à l’intérieur ? Non pourtant, car la porte a tout de même bougé.