Je lance un sérieux coup d’épaule dans le panneau. Le vantail s’écarte de cinquante centimètres. Je me glisse par cette ouverture et alors j’aperçois quelque chose de vachement moche !
Il y a une fille de l’autre côté de la lourde, et c’est son cadavre qui bloquait celle-ci.
Elle a dégusté la giclée dans le thorax. Ça lui a pratiqué dans la poitrine un trou grand comme une assiette à soupe par lequel elle s’est vidée de tout son sang. Une balle l’a cueillie dans l’œil gauche et celui-ci pend misérablement sur sa joue, comme un petit yoyo…
Je réprime une impérieuse envie de dégueulancher ! Des trucs pareils ! On a beau être blindé, ça vous flanque la secousse. Je fais une immense enjambée pour franchir la mare rouge. Je pénètre dans l’appartement à la recherche du téléphone. M’est avis que le concours de Pellegrini est assez indiqué !
CHAPITRE VII
L’APPÂT
Pellegrini fait une grimace en regardant le cadavre.
— Comment qu’elle a été fadée, la souris, murmure-t-il. Elle n’a pas dû dire ouf !
Il hume le climat délicat de cette maison de poupée bâtie entre ciel et terre. Vraiment cette terrasse n’était pas faite pour servir de cadre à une scène d’horreur. Au contraire, on dirait une île aérienne conçue pour l’amour et la joie d’exister.
— Pourquoi m’avez-vous demandé de venir seul ? interroge-t-il, curieux.