— Parce que, fais-je, il me paraît judicieux d’arrêter certaines dispositions…

— Lesquelles ?

Au lieu de lui donner une réponse, je lui pose une question.

— Pourquoi tue-t-on une fille sans pénétrer dans son appartement, hein ? Pellegrini, pourquoi ? Parce qu’on désire uniquement sa mort ! Il n’est pas question de la voler, ou de la violer… Pourquoi désire-t-on la mort d’une fille ?

— Par vengeance ? propose mon collègue.

— Possible, mais qui peut se venger d’une jolie fille ? Un amoureux éconduit ou une rivale jalouse ? Je doute que dans l’un ou l’autre cas on se serve d’une mitraillette. C’est un genre d’outil qui n’est pas à la portée de tout le monde et c’est heureux. Donc, il reste un autre motif, plus plausible : on peut tuer une fille pour la faire taire !

— Quelqu’un savait que vous étiez sur sa trace ?

— Il faut le croire… Mais je penserai à ça plus tard, pour l’instant nous avons mieux à faire…

Pellegrini sort de la terrasse.

— Ce cadavre me retourne, avoue-t-il. Quelle est votre idée, San-Antonio ?