Les vrais et les faux !

CHAPITRE IX

LA NUIT INCERTAINE

Tout ronfle dans l’hosto. La piaule où l’on a installé la grognace de Pellegrini est située au fond d’un couloir au premier étage.

C’était une chambre à deux pieux, séparés par un rideau coulissant. J’ai tiré le rideau et je me suis installé dans la seconde partie de la pièce, le pétard à portée de la main, attendant les événements…

Thérèse Pellegrini occupe donc le premier lit. On lui a entortillé de la gaze tout autour du visage pour que ça fasse plus vrai… J’entends son souffle régulier et, à travers les fentes pratiquées dans le rideau, j’aperçois un petit morceau de son visage. Une lampe veilleuse met dans la pièce une lumière confuse, d’un bleu malade, tout juste suffisante pour que je puisse lire l’article paru dans l’édition spéciale du canard de Nice qui vient de sortir.

Il s’intitule :

DRAME MYSTERIEUX A CANNES

En sous-titre :

Une jeune femme est abattue à la mitraillette à travers la porte de son appartement.