— Le rigide, c’est un chouette blaze à lui refiler, je m’esclaffe.

Il ne daigne pas partager mon hilarité, ni se montrer flatté de l’avoir provoquée.

— Une fois à Strasbourg, une voiture vous chargera l’un et l’autre… Le chauffeur connaît le moyen de pénétrer en Allemagne sans passer par un poste de douane. Lorsque vous ne serez plus qu’à un kilomètre de votre lieu de destination, il vous laissera, et alors vous agirez comme bon vous semblera, compris ?

— Compris…

— Vous savez exactement ce que vous aurez à faire ?

— Je le sais, boss.

— Alors, n’y revenons plus. Voici les différents objets que vous devez introduire dans les poches du rigide : un briquet, un paquet de cigarettes américaines entamé, dans la poche gauche de la veste, ainsi que ce trousseau de clés ; j’ai dit gauche, n’oubliez pas ce détail, car notre mort doit être gaucher… Voici une boîte d’allumettes allemandes qui va dans la petite poche intérieure de la veste. Voici le portefeuille garni qui va dans la poche intérieure droite ; droite : toujours pour le même motif… Voici un morceau de crayon, un mouchoir, un canif qui va dans la poche gauche du pantalon… Il n’y a rien dans la poche droite. Je préfère vous laisser le soin d’introduire ces objets au dernier moment, car je crains qu’en les y mettant tout de suite, ils n’en sortent au cours des multiples manipulations.

Il glisse les machins énumérés dans un petit sac de toile qu’il ferme au moyen d’un cordon rouge.

— Tenez, prenez…

J’attrape le sac et le mets sous mon bras.