— Oui, fais-je. C’est moi qui suis chargé d’enquêter sur la disparition de votre collaborateur.
Il fait une courbette.
— Je sais… Croyez que nous vous savons gré de vos efforts. Nous espérons que ceux-ci seront couronnés de succès…
Je le regarde, puis, n’y tenant plus, je lâche le paquet.
— Ecoutez, cher monsieur, je vois que vous parlez merveilleusement le français, je n’en serai que plus à mon aise pour vous exprimer ma façon de penser. Auparavant, je tiens à vous dire une chose : je suis un flic, et un flic consciencieux. Mon boulot, c’est d’obéir à mes chefs et de ne pas m’inquiéter du reste. J’ai pour mission de retrouver un homme, mort ou vif, et je ferai l’impossible pour qu’il soit retrouvé. Seulement, quelque chose m’a surpris au départ de cette affaire ; quelque chose sur quoi mon attention ne s’est pas trop fixée mais qui, au fur et à mesure que mon enquête avance, me surprend de plus en plus…
Il a tiré un binocle cerclé de fer de la poche de son gilet, il souffle dessus et l’essuie avec son mouchoir…
— Vraiment ? murmure-t-il de son ton éternellement bienveillant.
— Vraiment, monsieur… heu…
— Brazine, murmure-t-il doucement.
— Ce qui me surprend c’est : primo, que vous mêliez les Services secrets français à vos histoires de famille — ceci ne vous ressemble pas. Deuxio, que vous nous demandiez de rechercher un homme sans nous fournir de photographie de cet homme.