Alors, le premier avance son revolver et me le rentre dans le gras du bide. Je me dis qu’il va m’envoyer la purée en plein bureau. Ça fera encore moins de bruit que je ne le prévoyais… Je ne peux rien tenter, car je me suis stupidement enchaîné à la donzelle.

Stupidement ? Non…

Pernette soulève son bras, découvrant le cabriolet.

L’autre a un bref clignement d’yeux…

Il comprend que s’il m’assaisonne sur place, ce sera tout un pastaga ensuite pour délivrer la rouquine.

— Enlevez cette chaîne ! dit-il d’une petite voix froide comme un enterrement en Laponie.

Je réalise que les menottes m’apportent une espèce de bref sursis. Je porte la main à ma fouille. Mon intention est de choper mon pétard et de jouer mon va-tout. Mais il est prévoyant, le macaque. Il plonge sa patte agile sous ma vestouze et chope mon arme avant moi.

— Non, la clé ! rectifie-t-il.

Je soupire et glisse deux doigts dans la poche de mon gilet. Je sens la petite clé plate. Je la saisis et, avant qu’il ait eu le temps de prévoir mon geste, je la balance par la fenêtre ouverte à mi-étage sur la rue…

De rage, il me flanque un coup de canon de pétard dans la brioche. C’est mon foie qui prend ; il se noue et me remonte à la gorge.