J’ouvre la première porte qui se présente ; elle donne dans une chambre froide. Des niches sont aménagées dans le mur ; elles sont fermées par un battant à bascule. Chacune contient un mort. Celles qui sont vides ne sont pas fermées. On peut tirer l’espèce de bassin allongé qui sert de cercueil provisoire et qui coulisse sur des petits rails.
— Voilà qui est parfait, déclaré-je.
Je glisse mon revolver dans ma poche et je balance un parpaing au grand cul d’ail. J’y mets tout mon cœur, toutes mes calories… Le choc me fait mal jusque dans l’épaule.
Il s’endort aussi gentiment que son collègue et nous les couchons l’un et l’autre dans un bassin de zinc.
— Surtout, ne refermez pas les battants, m’avertit Barthélemy. Cela leur serait fatal.
— Ayez pas peur, je lui réplique, tout ce que je leur souhaite, c’est un rhume…
Barthélemy s’ébroue.
— Faites-leur confiance, assure-t-il ; ils l’attraperont !
CHAPITRE XIII
Nous arrêtons le sinistre fourgon que pilote Barthélemy face à la lourde porte de fer.