Mon camarade actionne le Klaxon sur un rythme convenu ainsi que nous l’a indiqué le gros charognard de la morgue. Ça donne quelque chose dans le genre de « tagada tsoin-tsoin ». Un factionnaire reconnaissant la voiture et le signal vient ouvrir.
Je lui adresse un petit salut cordial de la main. Il y répond par un autre salut.
Tout a l’air de se passer sous le signe de la plus parfaite cordialité.
Nous pénétrons dans une vaste cour où sont rangées plusieurs files de voitures et nous stoppons à proximité d’une petite porte.
Tandis que nous sortons du fourgon la civière destinée au coltinage des pauvres zigouillés, un sous-off s’approche de nous.
C’est une sale tête carrée à l’air mauvais. Il est rouquin, bigleux, chafouin, hargneux. Il tient un énorme trousseau de clés à la main et nous considère avec suspicion.
— Ce n’est pas camarades ? fait-il.
— Non, expliqué-je. Aujourd’hui, camarades, vacances…
Barthélemy intervient en allemand. Il s’exprime très posément et la salade qu’il brade au Frizou semble convenir à celui-ci, car sa touche pour jeu de massacre s’éclaircit.
— Mein Gott ! s’exclame-t-il.