— Ouais ? dit-il en me regardant. C’est pourquoi ?

Je tire le canard de ma profonde.

Je le déplie de façon à lui laisser voir le revolver. Il le regarde gravement.

— Vous savez ce que c’est que ça, petit ?

Ses yeux se posent sur les miens.

— Et alors ? demande-t-il.

Il a du cran.

— C’est un 7,65. À bout portant il vous ferait dans le bide un trou gros comme ça. Ça m’ennuierait de vous tirer dessus ; je n’ai jamais tiré sur un de mes compatriotes à moins qu’il ne s’agisse d’un gangster. Je ne connais pas vos opinions politiques et je m’en tamponne le coquillard. Je vous annonce que je vais faire sauter les deux wagons si soigneusement gardés par les doryphores. Pour cela j’ai besoin de votre locomotive.

« Je ne vous demande pas si vous êtes d’accord. Je commande et vous obéissez ; si vous essayez de me doubler, je vous mets du plomb dans la panse, de cette façon nous sommes l’un et l’autre plus à notre aise pour agir, pas vrai ?

Il ne répond rien. Son visage reste impénétrable.