— Je monte avec vous ; vous allez reculer jusqu’à la hauteur du poste d’aiguillage qui se trouve près du passage à niveau, d’accord ?
Il grimpe sur la plate-forme et je pose ma main à plat sur ma tête avant de le rejoindre.
* * *
J’attends que le Polonais ait achevé de lier sa valise après le tampon avant de donner au mécanicien le signal de la manœuvre.
— Vas-y mollo, conseillé-je, il y a maintenant après ton tombereau une charge d’explosif suffisante pour envoyer ton bled dans les nuages.
Je le regarde actionner ses volants.
— Bon, dis-je, si tu actionnes ce volant dans ce sens pour reculer, lorsqu’on veut aller en avant il suffit de le tourner dans l’autre sens, non ?
— Oui.
Nous reculons lentement. À très faible allure, nous pénétrons sur la voie principale et continuons notre mouvement de recul.
Quelques secondes plus tard, nous sommes à la hauteur du poste d’aiguillage. L’aiguilleur en sort, échevelé.