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Quand il eut bien pleuré, le maçon mangea sa dernière tartine. Il ne m'en offrit pas. Du reste, je n'avais toujours pas faim. Après quoi, il but une gorgée de vin et je m'aperçus que j'étais brûlé par la soif.

— Vous seriez gentil de me passer le litre, lui dis-je.

Il grommela quelque chose entre ses dents et demeura immobile.

— Vous ne voulez pas ? insistai-je.

— Il est vide ! dit le maçon.

Son mensonge m'indigna. Comment cet homme qui respirait mon oxygène pouvait-il me refuser à boire ? Il me fit horreur, chacune de ses expirations me causa une torture et attisa ma brusque haine, car chacune de ses aspirations était trois secondes de vie qu'il me prenait.

* * *

Je me disais que si je parvenais à m'échapper de cette cave, jamais plus je ne penserais de la même façon.

Tout me serait indifférent, hormis le soleil et le grand air. Je n'aimerais plus Marie-Thérèse, je n'écrirais plus une ligne, et je ne réfléchirais plus ni à Dieu ni au néant.