Tout en l'écoutant, je promenai ma main sur le sol, à la recherche de la penture. Je la découvris bientôt. De quelle façon fallait-il la tenir ? Par son extrémité tranchante, et m'en servir comme d'une massue, ou par son extrémité arrondie, et l'utiliser comme un poignard ? Je choisis la première solution. « Comme ça, me dis-je, il ne saignera pas ! »

Je sortis mon mouchoir et en enveloppai la partie tranchante afin de mieux l'assujettir dans ma main.

J'écoutais parler le maçon, je ne me souviens plus de ce qu'il disait, et j'essayais de comprendre sa mort à lui aussi. Elle était beaucoup plus compréhensible que la mienne. A travers lui, ça n'avait vraiment plus d'importance qu'il y ait un Dieu ou non.

* * *

Je m'approchai de lui et cherchai à situer sa nuque, très exactement, dans le noir. Du bout des doigts, j'effleurai ses cheveux.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

— Rien, répondis-je.

Et je frappai de toutes mes forces.

Il poussa comme un petit cri exclamatif, vite dérobé.

— Rien, répétai-je, il n'y a plus rien.