Au ton de Jango, bonne-maman comprit qu'il venait d'accepter l'événement. Elle en fut rassurée.

Pendant cette conversation, Zizi, sous prétexte de jouer avec son lapin, avait réussi à ramper jusqu'au colonel et à lui ravir sa rosette. Il la regardait dans sa main, surpris qu'elle n'eût pas plus de consistance. Jango découvrit le vol et se fâcha :

— Ce gosse a de mauvais instincts, déclarat-il sombrement.

Bonne-maman hésita à prendre la défense du gamin, mais elle s'aperçut que l'absence de la décoration laissait voir un rond de moisissure au revers du veston de drap noir. Cette pastille verdâtre lui parut une mutilation qui accroissait l'importance du délit commis par son petit-fils.

— Zizi, dit-elle, je t'ai déjà expliqué qu'on ne doit pas plaisanter avec ces choses-là.

Zizi, qui était fort embarrassé par le minuscule nœud de ruban auquel il ne parvenait pas à trouver une utilisation valable, fut tout aise de s'en séparer. Il le déposa sur la table où chacun l'oublia.

— Et maintenant, ordonna Jango, tu vas aller me chercher le diable.

Zizi sortit en courant.

— C'est un bon petit, remarqua bonne-maman.

Jango fronça les sourcils. Il voyait dans ces louanges un reproche très défini au sujet de sa sévérité précédente.