Jango pensait à son travail du lendemain. En honnête homme, il était préoccupé par la bonne exécution de la besogne. Il faudrait qu'il prépare son matériel et ses arguments, qu'il change l'aiguille de la seringue car elle était un peu tordue. Qui sait si ce simple détail n'expliquait pas les hésitations du colonel ?… Il avait promis au petit homme plus-large-que-haut que son épouse serait expédiée en douceur et il entendait bien tenir parole.
Édith s'interrompit et regarda Jango d'un air surpris :
— Ça ne va pas ? Vous semblez tout chose.
Une inquiétude égoïste perçait dans sa voix. En forte gaillarde, douée d'un solide appétit, elle redoutait que les instants d'isolement tournassent à la rêverie. Si elle exigeait de l'éducation de ses partenaires, du moins attendait-elle d'eux des qualités physiques en rapport.
Les baisers échangés avec Jango, le matin, lui avaient paru de bon augure. Elle se mit à le surveiller en coin et son bavardage décrut considérablement.
Jango s'aperçut du changement d'attitude de sa compagne. Il en devina aisément la cause.
— Si on s'asseyait ? proposa-t-il.
Elle refusa.
— Je serai correct, promit-il.
— C'est pas pour ça… C'est à cause de la rosée…