Il a pigé tout de suite, le brave homme.
Avant toute chose, je fais une virée dans son cabinet de toilette, histoire de me démaquiller un brin.
Lorsque je suis propre et luisant comme un… curé, je passe la soutane. C’est la première fois que je me déguise en ecclésiastique ; d’ordinaire je réprouve les déguisements, je préfère jouer franc-jeu, mais nous vivons une époque où les coups bas sont permis.
— Ça colle, comme ça ?
— Oui, fait le prêtre, ça… collera, à la condition toutefois que vous abandonniez votre parler pittoresque.
CHAPITRE XVII
Il faut que je vous dise, les gars, je suis comme un boomerang : je reviens toujours à mes moutons.
Le major Parkings m’a fait éjecter d’un avion avec un bath drap de lit dans le dos pour trouver le gars qui jetait la perturbation dans le réseau de Bourgeois et lui régler son compte. Je l’ai identifié, mais la seconde partie de ma mission n’est pas encore terminée. Thierry doit être abattu et il le sera, à moins qu’un de ces truands en vert prairie ne me fasse déguster auparavant mon extrait de naissance. Je suppose que, si l’on a conduit les compagnons de Laura dans cette école désaffectée, c’est que le pseudo-Thierry y a son P.C. Je peux tirer cette conclusion du fait que c’est lui qui s’est chargé de l’affaire jusqu’ici.
Je parviens à l’école et je prends les mesures du terrain où va se jouer la partie. Il s’agit d’un grand bâtiment de brique, très récent, que les sulfatés ont entouré de chevaux de frise. Il y a des sentinelles devant toutes les portes et un poste de garde à l’entrée principale.
Une grande animation règne aux abords du bâtiment. Des voitures cellulaires et des conduites intérieures entrent et sortent. Il me sera difficile de repérer Thierry au milieu de ce va-et-vient. Mais je compte sur la chance et mon œil de lézard.