— Que tout soit O.K., sans quoi je vous scie les deux jambes sans hésiter, vous avez vu de quoi je suis capable ?

Il écrit fébrilement. À sa grimace, je comprends combien cela lui coûte. Il perd la face et ça l’emmaverde plus qu’un Japonais.

Lorsque c’est terminé, je vais dans l’auto où j’ai repéré, tout à l’heure, une capote d’officier. Je ne sais quelle impulsion me fait fouiller le véhicule. Dans une poche à soufflet de la portière gauche je déniche un petit cachet encreur. Je le rapporte ainsi que la capote à Bourgeois.

— À quoi sert ce tampon ?

Il l’examine et déchiffre le texte qui est gravé.

— C’est une griffe de la Gestapo.

— Bon, tamponnez les six feuilles de levées d’écrou !

Thierry a un petit tressaillement qui ne m’échappe pas.

— Ah ma gadoue ! tu pensais nous blouser, avoue ? Je parie que sans ce tampon on nous enchristait ! Heureusement que San-Antonio a le nez creux.

« Mon bon Bourgeois, poursuis-je, c’est à vous de jouer maintenant. J’aimerais me charger moi-même de la libération de vos hommes, mais comme je ne parle pas un traître mot d’allemand, c’est tout à fait impossible. Endossez cette capote et présentez-vous à la Gestapo avec les feuilles de levées d’écrou. Racontez aux services de nuit qu’il s’agit d’une confrontation. Prenez la bagnole. Faites au mieux.