Il obtempère. Nous descendons un escalier raide comme une échelle et nous débouchons dans un sous-sol humide. Je ne puis réprimer un frisson. Il y a un tas de cercueils entreposés dans ce coin.

Je dis au croque-mort :

— Tu vas y passer, salopard !

Et je fais mine de chercher mon revolver.

Il ne perd pas son temps et se rue sur moi. Il me balance un bol qui m’aurait fait manger mes gencives s’il était parvenu à destination. Mais tout ça c’est de la frime, vous l’avez compris ? Je fais un saut en arrière et je brise son élan avec un direct du droit très sec. Il se ratatine comme un château de cartes. Je lui octroie un coup de savate sous le menton, histoire de lui donner sa dose de somnifère, après quoi je le ligote avec des courroies qui se trouvent là et je l’installe confortablement sur un tas de charbon.

Puis je remonte et je me mets en devoir de fouiller la cabane. J’y découvre des accessoires de croque-mort. Des voiles de deuil, des tentures à pompons…

Sans plus attendre, je dresse une échelle contre le toit de l’appentis et je cours chercher les femmes.

— Merveilleux, dis-je. Nous allons pouvoir filer.

— De quelle façon ?

— En corbillard.