Tout se passe bien jusqu’aux environs de Gand. Là, nous tombons sur un barrage sérieux. L’officier qui dirige les opérations épluche nos feuilles de route ; heureusement qu’elles sont en règle. Il demande à voir le cercueil.
Je vous jure que j’ai le trouillomètre à zéro. Tandis que je vais glisser la boîte sur les petits rails de la voiture, je me dis que si cette carne de Thérèse a réussi à détendre un tant soit peu ses liens, elle va remuer et tout sera foutu.
L’officier regarde le cercueil.
— Ouvrez ! ordonne-t-il.
Un paquet de coton me bloque la glotte.
Je prends un air consterné.
— Impossible, fais-je. Voyez, monsieur l’officier, les scellés y sont. Si jamais je les fais sauter j’aurai des histoires terribles avec les familles. Elles sont à cheval sur les principes, les familles.
Il hausse les épaules de l’air de dire que les familles mécontentes, c’est le plus négligeable de ses soucis.
— Et si l’homme qui est là-dedans n’est pas mort ? Si c’est un terroriste que vous cachez ?
Je me force à rire.