Pendant que j’y suis, je donne de mes nouvelles à Ulrich.

Pan et pan !

À la guerre comme à la guerre. Tout à l’heure, c’était à lui de diriger les opérations, maintenant c’est à moi.

Un type qui fait une drôle de tranche, c’est bien le fils unique de Félicie, autrement dit le gars Mézigue, autrement dit encore le célèbre commissaire San-Antonio.

Ulrich, contrairement à toute attente, ne dégringole pas. Il se tient planté bien droit sur ses jambes, un tendre sourire sur ses lèvres minces.

Il a compris, avant moi, que le revolver est vide. Mais vide comme une salle de conférences lorsque c’est Henri Bordeaux qui est à l’affiche.

J’ai lâché sa dernière dragée dans l’estomac de King-Kong.

— Pas de chance, murmure Ulrich.

Il porte, posément, la main à sa poche intérieure.

Il me sent désarmé. Il y a l’harmonium entre nous, donc je ne puis intervenir. Il a tout son temps…